La vie à Barcelone – un détail –

Nous sommes en Catalogne, certes.

Mais surtout (ou « aussi malheureusement » pour certains, ça dépend, bon), en Espagne.

L’Espagne et ses clichés, qui, je peux te le dire, n’en sont pas.

Celui dont je parle ici là maintenant, alors qu’il fait 45 degrès dès 9 heures du matin, (personne ne pense ici que la canicule en Espagne est un cliché), est celui auquel on a affaire, dans, par exemple, une télécabine au ski, un bus en ville ou encore un train la nuit etc.
Les espagnols parlent fort.
Qui a dit ça ?

Ma fille, maintenant, quand elle parle, elle hurle. Sinon on ne l’entend pas. Quand j’accompagne les enfants à une sortie scolaire, en plus de la chaleur, il y a les cris. J’ai mis 2 jours à m’en remettre.

Mais tu vois, nous sommes à Barcelone. Ce qui pourrait définir cette ville, ce ne sont juste que quelques mots : « mas o menos » et « si proche si loin ». C’est à dire que j’ai toujours mon sac Monop pour faire mes courses, je croise des filles avec des sacs estampillé d’un festival dans le 11è à Paris (et là je pleure), je parle français toute la journée (ça, ça va changer), je parle de musées français et je vais à la plage. Bon, à priori, Barcelone serait Paris, sans les inconvénients. Si proche quoi.

Le cliché dont je parle ici est certes un inconvénient et, en même temps, la preuve même de ce « si loin » car les mentalités n’ont rien à voir avec celles du 11è. C’est ce qui fait qu’on se retrouve avec des coupes de cheveux d’une autre planète, et donc c’est un peu déroutant car ces voyages spatio-capillaires sont vraiment étonnants. Puis, d’un coup je me dis, han mais ça fait tellement de bien ces différences. Sortons de chez nous bordel. Toi qui te croyais si ouverte d’esprit (enfin moi qui me croyais quoi…)

Voici :

Il fait chaud, mais vraiment. Les fenêtres sont donc ouvertes.

Comme à Paris : cour intérieure, voisins bruyants. Et quand je parle de voisins bruyants je veux ici parler de ce couple qui fait l’amour au moins une fois par jour et une fois par nuit. Elle, je me demande comment elle fait Je pensais qu’on entendait ça seulement sur youp**n ou autre.

Il y a aussi ces gens qui font la fête, la musique pourrie qu’ils écoutent, les rires, les tintements de verre. Toi tu veux dormir mais tu ne peux pas, alors tu écoutes le spectacle.

Ils font l’amour violemment. Tu te mets à imaginer la position dans laquelle ils sont pour que ce soit si sauvage. Puis les autres qui boivent leur cava comme si de rien n’était.
Une des premières fois que c’est arrivé, la parisienne (moi) a gueulé « cerra les ventanas por favor, hay ninos putain de bordel de merde ». Avec l’accent de la parisienne.

Mais voilà. Personne d’autre ne dit ‘ »ça suffit oui ?!!! » « mais ta gueule salope » ou bien « oh ils m’ont épuisé ces cons-là ».

Ni en anglais, ni en espagnol ni en catalan. Personne ne dit rien.

Et hier soir, apothéose, l’orgasme du couple a été carrément applaudi par tout l’immeuble.

Voilà, moi les bras m’en tombent.

C’est ce qui vient également illustrer le « si loin ».  A tous points de vue, la détente des gens est au moins aussi désopilante (mais tellement agréable, belle, suave, douce et remet en question toute ta vie) que leur coupe de cheveux. Au point de vue de ce couple qui ne ferme jamais la fenêtre, des autres que ça ne dérange pas, des gens qui font la queue avec le sourire, de la patience des gens quand mon fils marche sur leur serviette, de ce gars qui vient s’allonger sur la plage pile à coté de nous. De « no pasa nada », de « es lo que hay ». De quand tu cherches ta monnaie, le gars à la caisse te dit nan mais c’est bon ça va gracias hasta luego. Ah bon ? Il manque 1 euros quand même.

Nous les européens du Nord, on n’a pas les gênes pour ça.

Et nous les européens du Nord qui vivons ici, on s’y fait. Mas o menos quoi. Mais ça détend. Le sable dans les cheveux des enfants, les cafards géants, les chiens qui pissent partout, les odeurs d’égouts, les voitures et leurs 6 voies, la musique sur la plage. La musique sur la plage, ça c’est hallucinant. Et les gens qui se mettent à danser la samba car un cubain donne un cours improvisé au Mojito. Les odeurs d’herbe aussi.

Et les sourires, les mains dans les cheveux des enfants, les bocadillo, les bon dia, les refugees welcome, la patience, mais surtout, leurs sourires.

Le soleil.

La difference acceptée. Une ouverture d’esprit aussi désopilante que leur besoin d’indépendance.

Une façon de vivre qui est celle que je cherchais depuis longtemps.

En plus Paris n’est qu’à 1h30 d’avion.

ps : du coup j’écoute France Inter et l’album de Camille en boucle à donf toutes fenêtres ouvertes. Merde alors. L’exception française tu vas la bouffer cher(s) voisin(s)

 

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